La réussite d'un projet de vision industrielle dépend très fortement de la qualité du cahier des charges initial. Un projet bien cadré permet d'éviter les mauvaises surprises, d'obtenir des résultats fiables dès les premières validations et de garantir un système stable en production.

1. Définir clairement l'objectif du contrôle

La première question est simple mais essentielle : qu'est-ce que vous voulez vérifier ou mesurer ? Plus l'objectif est précis, plus l'expert vision peut orienter rapidement vers la bonne technologie.

Quelques exemples typiques :

  • Vérifier la présence d'un composant sur un sous-ensemble
  • Mesurer une longueur, un diamètre ou une position
  • Lire un Datamatrix ou un numéro OCR
  • Contrôler un dépôt de colle ou de sérigraphie
  • Détecter une rayure, une bavure ou un défaut superficiel
  • Valider la conformité d'un assemblage
Plus l'objectif est clair, plus l'expert vision peut choisir la bonne combinaison : caméra, optique, éclairage, logiciel — et réduire le risque de dérive projet.

2. Recenser les références / diversités à contrôler

Il est essentiel d'indiquer le nombre de références, les différences entre elles (formes, couleurs, dimensions) et les évolutions prévues. En industrie automobile, 3 diversités minimum sont nécessaires pour un POC fiable : une pièce bonne, une mauvaise, une limite.

Sans cette information, le projet risque d'être sous-dimensionné ou, à l'inverse, trop complexe et trop coûteux.

3. Décrire la pièce : dimensions, matière et état de surface

Une fiche pièce doit au minimum inclure :

  • Dimensions : petite / moyenne / grande / très grande
  • Matière : plastique, métal, verre, composite…
  • Couleur dominante et contraste disponible
  • Zones critiques à inspecter
  • Contraintes : reflets, transparence, rugosité, brillances

Ces informations orientent directement le choix du champ de vision (FOV), de l'objectif, du type d'éclairage (backlight, coaxial, dôme…) et parfois du type de caméra.

4. Définir la cadence ou le temps de cycle

C'est un point déterminant qui conditionne le choix du matériel et son coût. À préciser absolument :

  • Pièces fixes ou en mouvement ?
  • Cadence : 1 pièce/s ? >5 pièces/s ?
  • Vision synchrone avec un robot ?
  • Temps d'exposition disponible ?
  • Besoin de vision en continu (pièces défilantes) ?
Une application à >5 pièces/seconde nécessite des caméras rapides, un éclairage puissant et une communication automate optimisée. Ne pas le préciser peut engendrer un devis inadapté.

5. Identifier la précision attendue

La tolérance attendue change totalement le choix technique et le budget associé :

ToléranceSolution recommandéeComplexité
±0,5 mmVision standard (IV, VS basique)Faible
±0,1 mmOptique de précision + calibrationMoyenne
±0,05 mmCaméra haute résolution + télécentriqueÉlevée
±0,01 mmProfilométrie laser LJ-VTrès élevée
Une précision irréaliste peut faire exploser le budget et rendre l'application instable en production. Trouvez le bon compromis avec votre expert vision.

6. Décrire l'environnement machine

L'environnement conditionne la robustesse de la solution. À documenter :

  • Variations lumineuses (éclairage ambiant, fenêtres, néons) ?
  • Vibrations machine ou convoyeur ?
  • Poussière, humidité, chaleur, projections ?
  • Transparence ou reflets intenses sur les pièces ?
  • Zone accessible ou très confinée ?

Par exemple, les pièces brillantes (chrome, inox poli) nécessitent souvent un éclairage coaxial ou diffus pour éviter les points chauds qui faussent le contrôle.

7. Définir le scénario d'intégration

Le cahier des charges doit préciser où et comment la solution s'intègre dans votre process :

  • Sur ligne existante (convoyeur, machine) ?
  • Sur robot (guidage, pick & place) ?
  • Sur poste manuel (inspection opérateur assisté) ?
  • Sur machine neuve (intégration dès la conception) ?

Précisez également la vitesse du convoyeur, la hauteur de la zone vision, l'espace disponible pour le capteur et la présence d'un automate ou robot.

8. Fournir des pièces BON / NOK et des photos

Aucun expert vision ne peut garantir un résultat sans échantillons réels. L'idéal est :

  • 3 pièces BON (conformes)
  • 3 pièces NOK (non conformes avec les défauts ciblés)
  • 3 pièces limites si possible

Complétez avec des photos globales de la machine, des photos zoomées sur la zone de contrôle et des vidéos du mouvement en production. Ces éléments permettent un POC précis et un devis réaliste.

Chez StartIndustry, nous réalisons systématiquement des tests en laboratoire sur vos pièces avant tout engagement. Cela garantit la faisabilité avant l'investissement.

9. Définir le niveau d'automatisation attendu

Chaque fonctionnalité supplémentaire a un impact sur le coût et la complexité :

  • Validation simple BON/NOK (sortie automate)
  • Mesures complètes à enregistrer (archivage données)
  • Communication automate (TCP/IP, Profinet, EtherCAT, Ethernet/IP…)
  • Archivage images (toutes les images ou uniquement les NOK)
  • Traçabilité complète avec lien au numéro de série
  • Interface opérateur (IHM) pour réglages de recettes

10. Prévoir un plan de maintenance et de mise en service

Un système vision bien intégré mais mal maintenu dérive inévitablement. Pour garantir la stabilité à long terme, prévoyez :

  • Formation des équipes (opérateurs et techniciens)
  • Définition des réglages autorisés à l'opérateur
  • Procédures de nettoyage optique
  • Gestion des recettes et sauvegarde de configurations
  • Calibration annuelle ou périodique
  • Contrat de support technique

StartIndustry propose des formations IV, CVX, XG, VS, LJ-V pour accompagner vos équipes à chaque étape et garantir l'autonomie complète sur vos systèmes.

Les points clés à retenir

  • Définissez l'objectif précis avant tout — BON/NOK, mesure, OCR, guidage…
  • Documentez vos références, cadences, précisions et contraintes environnementales
  • Prévoyez des pièces BON/NOK pour le POC — indispensable
  • Anticipez l'intégration automate et l'archivage dès le cahier des charges
  • Formez vos équipes dès la mise en service pour garantir la stabilité long terme
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